Le règlement adopté par la Commission européenne le 21 septembre prévoit, à partir d’août 2027, des étiquettes classant les datacenters selon leur efficacité énergétique et leur utilisation de l’eau. Ces indicateurs permettront de comparer leurs performances, mais ne rendront pas publiques toutes les données de consommation de chaque installation. Un grand datacenter pourra ainsi obtenir une meilleure notation, tout en consommant davantage d’eau ou d’électricité, qu’un site plus petit, moins efficace. Ce qui est mathématiquement cohérent si l’on considère le datacenter comme une industrie à vocation de rationalisation des processus, des méthodes et des coûts pour la prise en charge de capacités à grande échelle.
Lighthouse Reports, organisation de journalisme d’investigation, conteste néanmoins cette confidentialité devant le comité chargé de contrôler le respect de la convention d’Aarhus, qui protège notamment l’accès à l’information environnementale. L’organisation demande la communication des données détaillées recueillies par les autorités. Ses démarches dans les vingt-sept États membres ont rencontré des refus ou fourni des données incomplètes et parfois inutilisables : pour la France notamment et selon Lighthouse Reports, les chiffres communiqués ne pouvaient pas être correctement associés à chaque installation.
L’enjeu évoqué consiste à permettre aux collectivités et aux habitants de connaître les volumes réellement consommés sur leur territoire, à mesurer les besoins d’un datacenter ainsi que la pression qu’il exerce sur les ressources locales. Le comité n’a pas encore tranché le différend.
Contestation autour des labels européens et des consommations des datacenters
/dans Revue de presseLe règlement adopté par la Commission européenne le 21 septembre prévoit, à partir d’août 2027, des étiquettes classant les datacenters selon leur efficacité énergétique et leur utilisation de l’eau. Ces indicateurs permettront de comparer leurs performances, mais ne rendront pas publiques toutes les données de consommation de chaque installation. Un grand datacenter pourra ainsi obtenir une meilleure notation, tout en consommant davantage d’eau ou d’électricité, qu’un site plus petit, moins efficace. Ce qui est mathématiquement cohérent si l’on considère le datacenter comme une industrie à vocation de rationalisation des processus, des méthodes et des coûts pour la prise en charge de capacités à grande échelle.
Lighthouse Reports, organisation de journalisme d’investigation, conteste néanmoins cette confidentialité devant le comité chargé de contrôler le respect de la convention d’Aarhus, qui protège notamment l’accès à l’information environnementale. L’organisation demande la communication des données détaillées recueillies par les autorités. Ses démarches dans les vingt-sept États membres ont rencontré des refus ou fourni des données incomplètes et parfois inutilisables : pour la France notamment et selon Lighthouse Reports, les chiffres communiqués ne pouvaient pas être correctement associés à chaque installation.
L’enjeu évoqué consiste à permettre aux collectivités et aux habitants de connaître les volumes réellement consommés sur leur territoire, à mesurer les besoins d’un datacenter ainsi que la pression qu’il exerce sur les ressources locales. Le comité n’a pas encore tranché le différend.
Les Émirats arabes unis révisent leur projet de campus IA après les frappes iraniennes
/dans Revue de presseLes Émirats arabes unis réexaminent l’architecture de leur programme de datacenters IA de 5 GW après les frappes iraniennes contre des infrastructures numériques du Golfe arabo-persique. Initialement prévu sur un campus unique d’environ 26 km² à Abou Dhabi, le projet piloté par G42 devrait être réparti entre plusieurs sites. Les options étudiées comprennent des installations souterraines, du béton résistant aux explosions, des systèmes d’interception de drones et de missiles, du brouillage électronique ainsi que des alimentations électriques et des capacités de refroidissement de secours supplémentaires. La première phase, Stargate UAE, représente 1 GW et 30 milliards de dollars ; G42 affirme que sa construction se poursuit, tandis que les caractéristiques du programme sont révisées. Les dommages subis par AWS confèrent une portée opérationnelle à ce choix : à Bahreïn, les frappes ont affecté plusieurs zones de disponibilité au-delà des seuils prévus par l’architecture régionale. Certaines données non répliquées dans une autre région ne peuvent plus être restaurées. La dispersion géographique concerne donc autant les bâtiments que la stratégie de reprise des charges et des données.
Les hyperscalers multiplient leurs projets de datacenters en Finlande
/dans Revue de presseLa Finlande attire simultanément plusieurs programmes hyperscale qui accroissent l’échelle de son marché datacenter. Google prévoit 13 milliards d’euros d’investissements supplémentaires sur 2027 et 2028 dans des datacenters et infrastructures associées à Hamina, Kajaani, Muhos et Vaala. Microsoft a signé un accord préliminaire portant sur environ 190 hectares de terrain sur la côte ouest pour de futurs développements, tandis que TikTok a annoncé environ 1 milliard d’euros pour un second site à Kouvola. Ces engagements, ajoutés aux projets déjà lancés, portent les investissements annoncés dans le pays à plus de 30,2 milliards de dollars. Cette concentration compte notamment sur un climat froid ainsi qu’une électricité relativement stable issue du nucléaire, de l’éolien et de l’hydroélectricité. Elle pose toutefois quelques contraintes de planification régionale : plusieurs porteurs de projets doivent obtenir simultanément la puissance énergétique, les lignes de raccordement, les permis administratifs et la disponibilité des entreprises de construction et de leur main-d’œuvre.
Outre-Atlantique, la confidentialité des projets se heurte au droit public
/dans Revue de presseLes accords confidentiels qui entourent certains grands datacenters deviennent plus difficiles à maintenir lorsque les collectivités, les régulateurs et les entreprises de service public sont partie prenante. Dans le Dakota du Nord (États-Unis), le Sénat a rejeté par 32 voix contre 15 une proposition visant à interdire les accords de non-divulgation entre organismes publics et développeurs de datacenters ou d’autres grands projets industriels. Le débat doit toutefois se poursuivre lors de la session ordinaire. En Arkansas (États-Unis), un juge fédéral a refusé d’empêcher des médias de publier des documents obtenus via une demande d’accès aux informations publiques, bien qu’Entergy Arkansas affirme qu’ils contenaient des secrets commerciaux. Ces pièces ont révélé des éléments financiers d’un accord énergétique associé au datacenter Google de West Memphis. Ces affaires posent une question opérationnelle aux porteurs de projets : les informations nécessaires à une négociation commerciale peuvent ensuite relever d’obligations de transparence dès lors qu’une administration ou une fourniture de service réglementée intervient. La définition préalable de ce qui peut légalement rester confidentiel devient donc un enjeu de faisabilité d’un projet.
En Europe, d’anciens sites industriels éligibles à la reconversion
/dans Revue de presseLes anciennes emprises industrielles intéressent les développeurs de datacenters lorsqu’elles combinent grandes surfaces et infrastructures énergétiques déjà présentes. À Cagny, près de Caen, une promesse de vente a été signée pour reconvertir l’ancienne sucrerie Saint-Louis, fermée en 2020, en campus industriel high-tech comprenant un datacenter destiné à l’IA. Le site d’environ 33 hectares bénéficie notamment d’une ligne électrique de 220 kV à proximité. À Marseille, la transformation de l’ancienne usine Saint-Louis Sucre est plus avancée : le projet soumis à autorisation associe, sur 46 807 m², un datacenter Edged Energy d’environ 17 000 m² et des studios de cinéma, avec un poste source Enedis et un dispositif de récupération de chaleur. En Sardaigne (Italie), Energy Vault prévoit sur l’ancienne mine de Nuraxi Figus un campus IA de 30 MW IT dans une première phase, extensible à 50-60 MW, associé à de la production renouvelable et du stockage d’électricité.
Aux États-Unis, les datacenters s’invitent dans le débat électoral
/dans Revue de presseAprès les moratoires locaux, la contestation des datacenters américains atteint désormais les campagnes électorales. Le sujet devient structurant pour les élections de mi-mandat, avec des candidats des deux partis contraints de prendre position sur les tarifs électriques, l’usage de l’eau, la gestion des nuisances et les avantages fiscaux. En Californie, sept projets de loi sont en cours d’adoption pour encadrer plus strictement les datacenters, notamment en leur faisant supporter une plus grande part des coûts de réseau électrique, en imposant davantage de transparence sur leur consommation d’eau et en renforçant les obligations d’évaluation environnementale. Les opérateurs technologiques, les énergéticiens et leurs organisations professionnelles consacrent quant à eux plusieurs millions de dollars au lobbying. Dans le Montana, deux opposants au projet de datacenter de Broadview se sont déclarés candidats par inscription libre contre le sénateur républicain sortant lié professionnellement à un investisseur d’un projet local.
Le refroidissement liquide poursuit sa normalisation industrielle
/dans Revue de presseL’augmentation de la puissance des racks IA impose de traiter des flux thermiques que le refroidissement par air gère de plus en plus difficilement. Les architectures direct-to-chip, dans laquelle un liquide capte la chaleur au plus près des processeurs, se développent conjointement aux unités de distribution de liquide de refroidissement (CDU) et, dans certains cas, l’immersion. Cette évolution technique s’accompagne désormais d’un surcroît d’effort de normalisation. À Singapour, la norme SS 726:2026 encadre la conception, l’installation, la mise en service et l’exploitation de ces systèmes en climat tropical. Elle traite notamment du choix des CDU, des matériaux de tuyauterie, de la qualité des fluides, ainsi que des risques de fuite, de corrosion ou de développement microbien. À Taïwan, l’industrie adapte parallèlement ses équipements à des racks IA toujours plus denses : certaines CDU regroupent échange thermique, circulation du fluide et contrôle, avec une capacité de refroidissement ajustée à la charge des GPU. L’infrastructure technique complète de refroidissement liquide tend de plus en plus à être conçue dès l’origine avec le datacenter plutôt qu’ajoutée après coup.
Les nouvelles implantations conditionnées à l’emploi d’énergie renouvelable
/dans Revue de presseLa disponibilité foncière et énergétique ne suffit pas toujours à garantir l’accès à de nouvelles implantations datacenter. Plusieurs autorités commencent à conditionner l’autorisation de construction et l’allocation de puissance à des critères mesurables en matière d’énergie renouvelable. Ainsi les porteurs de projets doivent-ils expliciter par le détail comment ils alimenteront leurs installations. En Espagne, un projet de décret soumis à consultation prévoit que les nouveaux datacenters couvrent au moins 80 % de leur consommation par de l’électricité renouvelable tant que les énergies renouvelables représentent moins de 90 % de la production électrique du système électrique national, avec des obligations supplémentaires de reporting. Singapour vient d’attribuer 200 MW à quatre opérateurs après un appel concurrentiel intégrant des exigences économiques et environnementales ; plus de la moitié de cette nouvelle puissance doit être couverte par des sources d’énergie verte. En Chine, les nouveaux datacenters implantés dans huit hubs nationaux doivent également atteindre 80 % d’électricité propre.
En Allemagne, des collectivités contractualisent la réutilisation de la chaleur fatale
/dans Revue de presseLa récupération de la chaleur fatale (soit : générée par un procédé dont l’objectif premier n’est pas de produire de la chaleur) devient concrète lorsqu’un réseau voisin accepte durablement l’énergie thermique produite par les serveurs. En effet, la valeur énergétique de la chaleur fatale dépend de l’existence d’un débouché réel : réseau existant ou à construire, distance, profil saisonnier et engagement d’achat déterminent si cette récupération peut devenir un service urbain exploitable. À Lübbenau, Schwarz Digits et la ville ont signé un contrat permettant d’injecter une partie de la chaleur du futur data center IA dans le réseau de chauffage urbain. Le cas souligne aussi la limite du modèle : le volume thermique annoncé peut dépasser très largement la demande locale, ce qui oblige à identifier suffisamment de consommateurs et à planifier l’infrastructure de transport de chaleur. À Dummerstorf, près de Rostock, un autre grand projet prévoit d’utiliser la chaleur des serveurs pour la ville, et des accords avec les services municipaux seraient déjà conclus.
Le financement des datacenters répartit le risque entre davantage d’acteurs économiques
/dans Revue de presseLa construction de datacenters pour l’IA exige des montants considérables. Pour financer ces projets sans concentrer la totalité du risque dans leur propre bilan, les porteurs de projets utilisent de plus en plus des montages qui font intervenir les marchés financiers. La titrisation consiste par exemple à regrouper des revenus futurs, comme les loyers versés par les clients d’un datacenter, puis à découper ces potentialités de gain en émettant des titres achetés par des investisseurs. Ceux-ci avancent ainsi une partie des capitaux et supportent, en contrepartie de la rentabilité attendue, une part du risque de défaut de remboursement. D’autres engagements, comme certaines garanties de crédit, peuvent demeurer hors bilan tant qu’ils ne sont pas utilisés, ce qui rend l’exposition réelle aux risques économiques plus difficile à apprécier. Avec l’essor des infrastructures IA, les investisseurs examinent donc de plus en plus attentivement la solidité des clients finaux, la durée des baux et les garanties financières afin de déterminer qui garantit les dettes et qui paiera si un projet ou un locataire rencontre des difficultés financières.