La récupération de la chaleur fatale (soit : générée par un procédé dont l’objectif premier n’est pas de produire de la chaleur) devient concrète lorsqu’un réseau voisin accepte durablement l’énergie thermique produite par les serveurs. En effet, la valeur énergétique de la chaleur fatale dépend de l’existence d’un débouché réel : réseau existant ou à construire, distance, profil saisonnier et engagement d’achat déterminent si cette récupération peut devenir un service urbain exploitable. À Lübbenau, Schwarz Digits et la ville ont signé un contrat permettant d’injecter une partie de la chaleur du futur data center IA dans le réseau de chauffage urbain. Le cas souligne aussi la limite du modèle : le volume thermique annoncé peut dépasser très largement la demande locale, ce qui oblige à identifier suffisamment de consommateurs et à planifier l’infrastructure de transport de chaleur. À Dummerstorf, près de Rostock, un autre grand projet prévoit d’utiliser la chaleur des serveurs pour la ville, et des accords avec les services municipaux seraient déjà conclus.
Les nouvelles implantations conditionnées à l’emploi d’énergie renouvelable
/dans Revue de presseLa disponibilité foncière et énergétique ne suffit pas toujours à garantir l’accès à de nouvelles implantations datacenter. Plusieurs autorités commencent à conditionner l’autorisation de construction et l’allocation de puissance à des critères mesurables en matière d’énergie renouvelable. Ainsi les porteurs de projets doivent-ils expliciter par le détail comment ils alimenteront leurs installations. En Espagne, un projet de décret soumis à consultation prévoit que les nouveaux datacenters couvrent au moins 80 % de leur consommation par de l’électricité renouvelable tant que les énergies renouvelables représentent moins de 90 % de la production électrique du système électrique national, avec des obligations supplémentaires de reporting. Singapour vient d’attribuer 200 MW à quatre opérateurs après un appel concurrentiel intégrant des exigences économiques et environnementales ; plus de la moitié de cette nouvelle puissance doit être couverte par des sources d’énergie verte. En Chine, les nouveaux datacenters implantés dans huit hubs nationaux doivent également atteindre 80 % d’électricité propre.
En Allemagne, des collectivités contractualisent la réutilisation de la chaleur fatale
/dans Revue de presseLa récupération de la chaleur fatale (soit : générée par un procédé dont l’objectif premier n’est pas de produire de la chaleur) devient concrète lorsqu’un réseau voisin accepte durablement l’énergie thermique produite par les serveurs. En effet, la valeur énergétique de la chaleur fatale dépend de l’existence d’un débouché réel : réseau existant ou à construire, distance, profil saisonnier et engagement d’achat déterminent si cette récupération peut devenir un service urbain exploitable. À Lübbenau, Schwarz Digits et la ville ont signé un contrat permettant d’injecter une partie de la chaleur du futur data center IA dans le réseau de chauffage urbain. Le cas souligne aussi la limite du modèle : le volume thermique annoncé peut dépasser très largement la demande locale, ce qui oblige à identifier suffisamment de consommateurs et à planifier l’infrastructure de transport de chaleur. À Dummerstorf, près de Rostock, un autre grand projet prévoit d’utiliser la chaleur des serveurs pour la ville, et des accords avec les services municipaux seraient déjà conclus.
Le financement des datacenters répartit le risque entre davantage d’acteurs économiques
/dans Revue de presseLa construction de datacenters pour l’IA exige des montants considérables. Pour financer ces projets sans concentrer la totalité du risque dans leur propre bilan, les porteurs de projets utilisent de plus en plus des montages qui font intervenir les marchés financiers. La titrisation consiste par exemple à regrouper des revenus futurs, comme les loyers versés par les clients d’un datacenter, puis à découper ces potentialités de gain en émettant des titres achetés par des investisseurs. Ceux-ci avancent ainsi une partie des capitaux et supportent, en contrepartie de la rentabilité attendue, une part du risque de défaut de remboursement. D’autres engagements, comme certaines garanties de crédit, peuvent demeurer hors bilan tant qu’ils ne sont pas utilisés, ce qui rend l’exposition réelle aux risques économiques plus difficile à apprécier. Avec l’essor des infrastructures IA, les investisseurs examinent donc de plus en plus attentivement la solidité des clients finaux, la durée des baux et les garanties financières afin de déterminer qui garantit les dettes et qui paiera si un projet ou un locataire rencontre des difficultés financières.
Les gouvernements accentuent la codification de l’accueil de projets datacenters
/dans Revue de pressePlusieurs gouvernements passent d’une régulation dispersée à des cadres explicitement dédiés aux datacenters. La Province de l’Ontario (Canada) a publié un « Data Centre Playbook » qui propose notamment une tarification électrique spécifique pour les grands projets, des exigences sur l’eau et le bruit et le principe que les coûts d’infrastructure ne soient pas transférés aux consommateurs. En Nouvelle-Galles du Sud (Australie), les projets respectant six principes — dont le financement des besoins supplémentaires en eau et en électricité ainsi qu’un approvisionnement renouvelable — pourront bénéficier d’une instruction accélérée en 75 jours, sans que l’irrespect de ces spécifications entraîne automatiquement un rejet. Au Lesotho (Afrique australe), le gouvernement lance parallèlement l’élaboration d’une stratégie nationale d’IA et d’un schéma directeur pour les datacenters. La logique commune consiste à rendre explicites, avant l’investissement, les conditions d’accès au réseau énergétiques, aux ressources du territoire et aux formalités administratives.
Le stockage d’énergie sur batterie de plus en plus prisé des campus hyperscale
/dans Revue de presseLe stockage d’électricité prend une place de plus en plus structurante dans l’architecture des grands datacenters. Shoals et ON.energy ont lancé la fabrication et la livraison d’un projet de batteries de 1,1 GW associé à un campus hyperscale américain, avec une première phase dont la mise en service doit commencer au quatrième trimestre. En parallèle, les opérateurs de datacenters achètent de plus en plus de capacités de stockage d’électricité afin de compenser l’intermittence des énergies renouvelables. Cette demande ne se limite pas aux batteries lithium-ion de courte durée : Form Energy, qui développe une technologie fer-air pouvant stocker l’électricité jusqu’à 100 heures, vient de lever 750 millions de dollars et compte parmi ses projets une installation liée à Google et Xcel Energy dans le Minnesota. Le stockage d’énergie sur batteries peut ainsi remplir plusieurs fonctions dans un même campus : lisser les appels de puissance, stocker l’électricité renouvelable lorsqu’elle est disponible pour la restituer plus tard, et éviter de puiser davantage d’électricité sur le réseau aux heures où la demande est la plus forte.
La dette et les garanties financent les mégacampus IA
/dans Revue de presseLe financement des infrastructures d’IA change d’échelle avec des montages qui mobilisent directement les bilans des groupes technologiques et les marchés obligataires. Dans l’Ohio, Nvidia a accepté de fournir jusqu’à 105 milliards de dollars de soutien au crédit pour les composantes foncières, électriques et immobilières du campus PORTS-Pike destiné à OpenAI, afin d’aider son développeur SB Energy à lever les capitaux nécessaires. En Australie, Alphabet prépare parallèlement une émission obligataire dite « Kangaroo » de 4 à 5 milliards de dollars australiens pour accompagner son déploiement de datacenters. À Singapour, DayOne a obtenu un prêt vert de 530 millions de dollars singapouriens auprès de DBS, OCBC et UOB pour un site de 20 MW. Garantie de crédit, dette obligataire et financement bancaire spécialisé se combinent désormais avec les contrats de capacité et les engagements de long terme.
La technologie 800 VDC prépare les racks IA au MW
/dans Revue de presseLa montée de la puissance par rack nécessite de revoir l’architecture de distribution électrique de certains datacenters. Nvidia développe une distribution en 800 VDC (800 Volts – Direct Current) destinée aux futures « AI factories », avec des racks pouvant dépasser le mégawatt. Une tension continue plus élevée réduit en effet les intensités à transporter, et donc la section de cuivre du câble courant fort, les pertes de charge et l’encombrement nécessaire pour alimenter des ensembles de calcul très denses. Schneider Electric travaille en parallèle sur les principes de conception, les protections, la mise à la terre, l’intégration avec les équipements de refroidissement et la gestion des risques d’arc électrique propres à ce niveau de tension. Ainsi, le 800 VDC impose de reconsidérer la coordination opérationnelle entre alimentation, conversion, distribution, sécurité et refroidissement au niveau du rack. L’adoption par les exploitants de datacenters dépendra de la maturité des composants compatibles avec les infrastructures existantes et des procédures de maintenance.
Datacenters orbitaux : le problème de la dissipation thermique
/dans Revue de presseDisposer d’une capacité de traitement de l’information en orbite passe du registre prospectif à celui des programmes industriels annoncés, mais la physique du refroidissement demeure un obstacle majeur. SpaceX et xAI associent désormais leurs ambitions de calcul terrestre à un projet de constellation de satellites capables d’embarquer des charges IA, tandis que des initiatives chinoises sont présentées comme plus avancées et alimentent un débat européen sur le retard technologique du vieux continent. L’argument orbital combine l’accès à l’énergie solaire, le déploiement modulaire et le traitement de données au plus près de certaines plateformes spatiales. Il se heurte toutefois à une contrainte fondamentale : dans le vide, la chaleur ne peut être évacuée par convection et doit être rayonnée vers l’espace, ce qui exige de grandes surfaces radiatives, massives et coûteuses. Les niveaux de puissance envisagés accentuent ce problème.
Les vagues de chaleur accroissent le risque d’indisponibilité
/dans Revue de presseLes épisodes de chaleur extrême réduisent directement la marge thermique des installations et augmentent le coût électrique du refroidissement. En Europe, des analystes cités par Montel estiment que la demande de refroidissement d’un datacenter peut progresser de 20 à 30 % pendant une vague de chaleur, au moment même où le système électrique peut être davantage sollicité. Aux États-Unis, une défaillance de refroidissement dans un datacenter de Phoenix a entraîné une indisponibilité de l’hébergeur Namecheap après des dommages liés à un orage et une hausse de température dans les salles. La taille des équipements de rejet thermique devient aussi un sujet d’acceptabilité : dans le Massachusetts (USA), un projet comprenant seize tours de refroidissement fait l’objet d’un recours de riverains. La conception doit donc intégrer des températures extérieures plus sévères, la dégradation éventuelle des performances, les objectifs de redondance et les contraintes locales.
L’exploitation gazière directement embarquée dans certains projets Datacenter
/dans Revue de presseLa recherche de puissance rapide pousse certains projets IA outre-Atlantique à associer directement les ressources gazières nécessaires à leur production électrique. Au Texas, Amazon investit dans une centrale destinée à son campus de Pecos County, dont les autorisations couvrent une puissance pouvant atteindre 7,65 GW. En Pennsylvanie, Alpha Compute a signé un accord conditionnel pour acquérir terrain et droits sur environ 1 800 acres miniers de gaz de Marcellus afin de développer un campus initial de 200 MW, extensible à 1 GW, avec production sur site. Dans le Territoire du Nord australien, Beetaloo Energy a présenté un projet de datacenter de 2 GW alimenté au gaz, dont le coût potentiel atteint 40 milliards de dollars australiens. Plusieurs de ces opérations restent soumises à financement, permis et décisions finales ; les puissances annoncées ne correspondent donc pas encore à des charges constatées en exploitation.