La disponibilité théorique de l’eau ne suffit plus à instruire un projet de datacenter : sa consommation doit aussi être mesurable, explicable et compatible avec les usages locaux. À Visakhapatnam, le projet indien de Google, évalué à 15 milliards de dollars, se heurte à des inquiétudes sur l’approvisionnement alors que la ville connaît déjà un déficit quotidien. L’Andhra Pradesh a promis une garantie d’eau sur vingt ans, tandis que Google indique privilégier un refroidissement avancé par air. En Allemagne, le gouvernement fédéral reconnaît ne pas disposer de données suffisantes pour chiffrer la consommation d’eau liée à ses ambitions de développement des datacenters. En Afrique du Sud, une estimation erronée de 4,4 milliards de litres attribuée à de nouveaux sites du Cap a dû être corrigée, montrant combien la méthode de calcul peut elle-même nourrir la controverse. Le choix du refroidissement, la qualité des données de consommation d’eau et ses garanties d’allocation deviennent ainsi des paramètres d’implantation aussi déterminants que la puissance électrique.
Vitalité du marché Datacenter en Asie du Sud-Est
/dans Revue de pressePlusieurs marchés d’Asie du Sud-Est montrent des signes de passage du pipeline annoncé vers le financement, la contractualisation et la prise de capacité. En Malaisie, STT GDC a sécurisé jusqu’à 1,37 milliard de dollars de financement vert pour la première phase de son campus de Johor. En Indonésie, le fournisseur taïwanais Konst a signé une location de capacité dans le futur site SMX01 de LG Sinar Mas à Jakarta, dont l’ouverture est prévue au quatrième trimestre 2026 et qui doit accepter des racks d’une puissance énergétique potentielle de 130 kW. À Melaka, DPS Resources et BBSB envisagent parallèlement un développement progressif allant jusqu’à 89 MW entre 2027 et 2030, projet qui reste soumis à des accords définitifs.
Aux États-Unis, des moratoires sur les datacenters
/dans Revue de presseL’opposition locale aux datacenters prend une forme plus directement contraignante aux États-Unis : le moratoire. Dans l’Oregon, le comté de Clackamas envisage une interdiction temporaire des nouveaux projets jusqu’à l’examen du sujet par le législateur de l’État en 2027, alors même qu’aucune demande d’urbanisme n’y a encore été déposée. À Louisville, dans le Kentucky, une proposition de moratoire a franchi l’étape de la commission urbanisme par sept voix contre une avant un vote du conseil métropolitain. Parallèlement, une journée nationale de protestation a donné une visibilité fédérale aux mobilisations contre les nouvelles implantations. Cette tendance déplace la décision vers l’échelon politique, accentuant, pour le secteur de la conception datacenter, le risque sur la maîtrise foncière et les respect des échéances de mise en disponibilité.
Réseaux optiques et IA : entre pénurie industrielle et risque géopolitique
/dans Revue de presseLes interconnexions optiques deviennent un point de fragilité matériel pour les infrastructures IA, soumis à la fois aux fluctuations des capacités industrielles et aux instabilités politiques. La forte densité d’échanges entre accélérateurs optiques IA accroît la demande en fibres et en transceivers à très haut débit. Une analyse chinoise fait état d’une progression de 76 % de la demande de fibre destinée aux datacenters en 2025 et de délais d’approvisionnement dépassant vingt semaines chez certains grands acheteurs. À cette tension s’ajoute désormais un risque commercial : l’administration américaine prépare, selon Reuters, des restrictions visant des équipements chinois de datacenter, notamment des transceivers optiques. Le projet pourrait toucher des fournisseurs occupant des positions significatives sur le marché mondial. Pour les constructeurs et exploitants de datacenters, le choix des fournisseurs, leur origine, les capacités de production et la qualification d’alternatives peuvent conditionner le rythme réel de déploiement des clusters IA.
La prédictibilité de l’usage de l’eau, fondamentale pour les nouvelles implantations
/dans Revue de presseLa disponibilité théorique de l’eau ne suffit plus à instruire un projet de datacenter : sa consommation doit aussi être mesurable, explicable et compatible avec les usages locaux. À Visakhapatnam, le projet indien de Google, évalué à 15 milliards de dollars, se heurte à des inquiétudes sur l’approvisionnement alors que la ville connaît déjà un déficit quotidien. L’Andhra Pradesh a promis une garantie d’eau sur vingt ans, tandis que Google indique privilégier un refroidissement avancé par air. En Allemagne, le gouvernement fédéral reconnaît ne pas disposer de données suffisantes pour chiffrer la consommation d’eau liée à ses ambitions de développement des datacenters. En Afrique du Sud, une estimation erronée de 4,4 milliards de litres attribuée à de nouveaux sites du Cap a dû être corrigée, montrant combien la méthode de calcul peut elle-même nourrir la controverse. Le choix du refroidissement, la qualité des données de consommation d’eau et ses garanties d’allocation deviennent ainsi des paramètres d’implantation aussi déterminants que la puissance électrique.
L’océan, terrain d’implantation pour les capacités IA
/dans Revue de presseLa pression simultanée sur le foncier, les réseaux électriques et les ressources de refroidissement pousse une partie de l’industrie Datacenter à déplacer l’infrastructure en mer. En Corée du Sud, HD Hyundai et Schneider Electric développent des centres flottants destinés aux charges IA, tandis que Samsung Heavy Industries prépare une plateforme de 50 MW conçue pour être déployée sur l’eau. La Chine a déjà franchi une étape supplémentaire avec un centre sous-marin alimenté par l’éolien offshore près de Shanghai. Ces projets ne relèvent plus seulement de l’expérimentation : ils associent ingénierie navale, production électrique, refroidissement par l’environnement marin et calcul haute densité. Leur généralisation dépendra toutefois du retour d’expérience en matière de maintenance en milieu salin, de la réglementation maritime et de la démonstration d’un coût complet compétitif.
La pile à combustible : un raccourci industriel vers la puissance énergétique
/dans Revue de presseLes délais de raccordement poussent les concepteurs de datacenters à rechercher des capacités de production directement disponibles sur site. Les piles à combustible gagnent ainsi du terrain dans les projets liés à l’IA, non plus comme simple secours, mais comme source principale ou transitoire de puissance. Leur intérêt tient à une mise en œuvre plus rapide que celle de nouvelles infrastructures de transport électrique et à leur capacité à fournir une alimentation continue au plus près des charges. Cette évolution rapproche encore davantage le datacenter du modèle de micro-réseau autonome dans lequel production et conversion énergétiques et exploitation informatique sont conçues comme un ensemble unique. Pour les constructeurs, la maîtrise de cette chaîne énergétique devient un moyen de réduire le time-to-power et de sécuriser les calendriers de mise en service face aux files d’attente au raccordement du réseau électrique.
La construction de capacité de calcul IA s’organise à l’échelle régionale
/dans Revue de presseAux États-Unis, la National Science Foundation prépare un programme de 100 millions de dollars destiné à constituer des pôles d’infrastructure IA au service de la recherche scientifique. Dans les Asturies (Espagne), le gouvernement régional soutient un projet de datacenter à Salas afin d’ancrer localement de nouvelles activités numériques. En Finlande, l’investissement annoncé à Seinäjoki associe un campus IA de 110 MW à une trajectoire d’extension susceptible de dépasser 550 MW, avec l’énergie renouvelable, le refroidissement liquide, la réutilisation de la chaleur produite et les compétences locales comme arguments d’attractivité. Au-delà des arguments traditionnels de contribution fiscale et de création emplois de construction, ces initiatives cherchent à organiser autour des datacenters un écosystème de recherche, de formation, d’entreprises et de services numériques, plutôt que d’accueillir passivement des bâtiments techniques isolés.
Vers un pilotage du système électrique intégrant les charges de calcul
/dans Revue de presseLa contrainte énergétique pousse les architectures d’IA à coordonner directement l’exécution informatique avec l’état du réseau électrique. Les récents travaux universitaires portant sur l’ordonnancement conjoint du calcul et de l’électricité montrent que la flexibilité ne se limite plus nécessairement à différer quelques tâches en période de pointe. Elle peut intégrer les limites de transit, la disponibilité régionale de puissance, les engagements de niveau de service et le coût énergétique des échanges entre sites. Cette évolution peut doter les datacenters de capacités actives à même de déplacer, ralentir ou répartir les entraînements IA selon les conditions électriques locales. Elle favorise aussi les infrastructures distribuées, dès lors qu’un campus unique ne peut plus garantir seul la puissance de calcul nécessaire, faute d’énergie disponible suffisante. Les opérateurs Datacenter devront toutefois rendre leurs charges prévisibles, télémétrées et contractualisables pour que cette flexibilité soit reconnue par les gestionnaires de réseau énergétiques.
L’État de Virginie taxe l’empreinte énergétique des datacenters
/dans Revue de presseLa fiscalité comme instrument de régulation des datacenters. La Virginie impose depuis le 1er juillet 2026 une taxe de 0,011 dollar par kilowattheure consommé, y compris lorsque l’électricité est autoproduite, et exige parallèlement que les concepteurs prennent en charge les nouvelles infrastructures de transport rendues nécessaires par leurs projets. Cette évolution accentue la remise en cause du modèle dans lequel les coûts de réseau, de production et de sécurisation énergétiques étaient mutualisés entre tous les usagers, et pondère les paramètres de calcul du coût complet de l’énergie pour les datacenters. Les collectivités locales cherchent ainsi à protéger les ménages et les petites entreprises contre les effets tarifaires des charges numériques concentrées.
L’assurabilité des projets d’implantation de plus en plus déterminante
/dans Revue de presseLa croissance des projets hyperscale accroît l’importance de l’assurance dans le montage financier. L’augmentation à 5 milliards de dollars de la capacité proposée par Aon traduit l’élargissement simultané des risques couverts : construction, retard de mise en service, dommages aux biens, interruption d’activité, transport d’équipements, cyberattaque et terrorisme. Cette évolution intervient alors que les coûts de construction progressent plus vite dans les marchés saturés par les datacenters et que les pénuries de main-d’œuvre spécialisée allongent les calendriers de mise en œuvre. Pour les financeurs et les investisseurs, la couverture assurantielle conditionne la capacité à sécuriser les revenus futurs, à absorber un retard de livraison et à protéger des équipements dont la valeur se concentre fortement. Les opérateurs doivent désormais démontrer, dès la conception, que leur chaîne d’approvisionnement, leur résilience opérationnelle et leurs dispositifs de sécurité sont pleinement assurables, critères tout aussi décisifs que le foncier, l’énergie ou le locataire final.