Royaume-Uni : les fournisseurs de cloud impliqués dans le périmètre de la stabilité financière
La dépendance des banques, assureurs et infrastructures de marché à quelques plateformes cloud transforme leurs opérateurs en acteurs systémiques comparables à des prestataires essentiels. Le Royaume-Uni place désormais AWS, Microsoft, Google Cloud et Oracle sous la surveillance conjointe de la Banque d’Angleterre, de la Prudential Regulation Authority et de la Financial Conduct Authority. Les services critiques devront faire l’objet d’évaluations de résilience, de tests de scénarios, de remontées d’incidents et, si nécessaire, de mesures correctrices imposées par les régulateurs. Ce changement étend la supervision financière au-delà des établissements eux-mêmes, jusqu’aux couches physiques et logicielles qui hébergent leurs opérations. Il oblige les fournisseurs à démontrer leur capacité de reprise, leur maîtrise des dépendances et la limitation des défaillances communes. Il ne résout cependant pas la concentration géopolitique du marché : superviser quatre groupes américains améliore la robustesse opérationnelle sans créer d’alternative industrielle. La régulation distingue ainsi progressivement deux objectifs souvent confondus : résilience des services et souveraineté technologique.




