Les friches industrielles, réserves stratégiques de puissance numérique
Les anciens sites industriels acquièrent une valeur stratégique dans la course aux grandes capacités de calcul. Leur intérêt ne réside pas seulement dans la disponibilité foncière : ils concentrent souvent des raccordements électriques puissants, des accès au gaz, des infrastructures hydrauliques, des emprises ferroviaires ou routières et un cadre administratif déjà structuré par une activité lourde. La reconversion du site nucléaire de Paducah, l’appel à projets d’EDF à Creys-Mépieu et la transformation d’une ancienne usine agroalimentaire à Southall illustrent cette recherche de terrains capables de réduire les délais de développement. Cette stratégie rapproche les datacenters des politiques de réindustrialisation et de reconversion territoriale, sous réserve de prise en charge des aspects de dépollution, d’acceptabilité locale et d’adaptation des réseaux existants. La valeur de ces friches dépend de la puissance réellement mobilisable, de la rapidité d’obtention des autorisations et de leur capacité à intégrer de nouvelles installations de production.
